Le Maquis

Près de Cortè, Corse, 18 aoùt 1992
mardi 6 septembre 2005
par mathieu
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Ces longs troncs réguliers et droits au sommet desquels se perchent quelques branches auréolées d’aiguilles. Comme pour mettre son ramage hors de portée des hommes destructeurs – protection dérisoire face aux moyens de destruction que ce dernier possède.

La vallée résonne des cris des rapaces et autres oiseaux. Invisibles mais toujours présents. Ces chants je les avais oublié, ma mémoire bercée par le doux ronronnement des automobiles et le cliquetis des usines.
Ici tout est calme. Un torrent déverse inlassablement ses flots d’un rocher à l’autre, roule les galets qu’il a polis. Comme un artisan minutieux, toujours à l’oeuvre, attentif au moindre détail.
Les animaux sont omniprésents autour de moi. Je les sent, je les entends parfois mais jamais ne les vois. D’aventure je dérange au cours de ma marche un petit lapin qui s’empresse de fuir devant moi. Mais ces rencontres sont rares.
Parfois je peux observer un buisson qui frétille, abritant sans doute un petit être craintif mais, ne voulant point le déranger, je m’éloigne sur la pointe des pieds.

La Corse est belle. Toute emplie de verdure claire et plus foncée, tantôt marron tantôt orange suivant les saisons. Les conifères, eux, restent toujours égal à eux-même, et ne se dévêtissent point l’hivers venu.

Il est agréable de se promener dans le maquis, cette végétation des plus hostiles à l’homme. Mais j’aime me fondre en elle. Il faut parfois ramper pour passer sous certaines branches, en écarter d’autres. La progression est lente mais agréable. On se sent en communion avec la nature, loin des regards civilisés... enfin seul.