Un humanisme à refonder

Monde Diplomatique de février 2000
lundi 17 septembre 2007
par mathieu
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Depuis un articleoriginal de Patrick Viveret

Il s’agit ici d’une réaction aux thèses, assez marginales, au demeurant mais déjà trop dangereuses au finissant, dites de la « post-humanité ».

C’est Francis Fukuyama [1], qui annonce la fin des doctrines du « constructivisme social », par la victoire d’un ordre libéral fondé sur le marché.
Rien de très réjouissant donc.

On se souvient également de

la fin de l’histoire humaine [2]

pour une nouvelle histoire au delà de l’humain. Un délire tenant de la SF ? Peut-être, ce n’est pas parce que l’humain peut se mécaniser o use bio-techniser qu’il sera moins con ou même foncièrement différent dans sa tête (aucune drogue ne peut modifier en profondeur l’être de toute une société... qui a dit : « la religion », taisez-fous dans le fond !).

Ce qui est inquiétant c’est plus

« l’éloge des inégalités »

qui sous-tend ce discourt d’anticipation qui est fondé sur la réalité spectaculaire-marchande libéralo-naturelle (voire d’essence divine).

F. Braudel : « Les intérêts du capitalisme entrent souvent en contradiction avec la logique même du marché ». Cf aux U.S.A.

L’anti-humanisme

p.26 -> L’anti-humanisme idéologique est une pensée pratique permettant de justifier le bordel causé par le maintien de 3 Milliards d’êtres humains en état de sous-humanité.

Une crise de l’humanisme

- « Insuffisante prise en compte de la mutation informationnelle et de la révolution biologique ».
- Carence du triptyque individu/raison/progrès tel qu’il s’est construit à l’époque des lumières ?

D’où plusieurs fragilités :

- Fragilité écologique. L’Homme est possesseur de la Nature et la responsabilité qu’il peut avoir vis à vis de l’environnement est une question restée sans réponse.
- Fragilité anthropologique. L’individu rationnel, ignorant l’inscription collective, se retrouve seul face à l’Etat après l’effondrement des « sociétés d’ordres » (ou classes).
Sont oubliés les enjeux émotionnels et spirituel de la condition humaine.

L’auteur pose également les questions éthiques soulevées par : le débat sur l’abolition de la douleur et du travail pénible

C’est oublier (pour les tenant de la libération du corps comme les Grecs ancien avec leur Soma Sema, le corps est une sépulture de l’âme) que l’esprit n’est pas détaché du corps. Dommage pour ceux qui croyaient en une vie après la mort... toutes mes condoléances.
L’âtre est un tout, lié également avec son environnement (sensible et social).
La douleur et le travail pénible, même si personne ne nie qu’ils sont à relativiser à l’aune de leur utilité, ne sont ni ne peuvent (ne doivent) être à proscrire. Et ce pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agit pas tant d’une punition divine que d’une donnée ontologique de l’Etre.

Deux problèmes s’opposent à la discution « à plat » sur :

une Bioéthique

- Les phantasmes de Toute-Puissance déconnectés de la réalité sensible. La soif des « débouchés » industriels et des « faiseurs d’argent par les bourses ».

Il est d’ailleurs intéressant à ce sujet de voir que la question (centrale ?) de la génération industrielle du vivant se rapproche de celle (à mon goût condamnable) de la génération immatérielle (pratiquement ex-nihilo) de monnaie par la spéculation boursière. Dans les deux cas il s’agit de « procréation » virtuelle.

p27 « Le risque, bien analysé par Monette Vacquin, du caractère infantile et fantasmatique de la pulsion de toute-puissance (ou de toute-connaissance), à l’oeuvre dans la technoscience actuelle, semble d’autant plus important qu’il est inscrit dans la pulsion de richesse et de puissance, elle-même sans limités, du capital financier ».

$ En ce sens, on pourrait caractériser le dérèglement mental provoqué par le capitalisme extrémiste comme un désir de toute-puissance allié à u nrefus de responsabilité.


Cotonou, mars 2000


[1] Obscur fonctionnaire du département d’Etat devenu professeur à l’université George-Mason, Francis Fukuyama a été « lancé » grâce à la fondation Olin (produits chimiques). Par universitaires interposés, Allan Bloom et Samuel Huntington, tous deux directeurs de centres de recherche Olin, respectivement à l’université de Chicago et à l’université Harvard, celle-ci a créé de toutes pièces un débat à partir de sa conférence « La fin de l’Histoire » prononcée en 1988. Initialement porté par deux autres bénéficiaires des largesses d’Olin - la revue The National Interest, été 1989, et son directeur, Irving Kristol -, ce « débat » a ensuite été repris par les grands médias. Lire à ce sujet Susan George, « Comment la pensée devint unique », Le Monde diplomatique, août 1996. La traduction française du texte de Fukuyama « La fin de l’histoire », publiée dans la revue Commentaires, no 47, automne 1989, a été reprise dans son ouvrage La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, Flammarion, Paris, 1994.- note issue de l’article

[2] Huxley, le Meilleur des Mondes, 1932