Journal de bord du capitaine Mathieu

Niamey, novembre 2000
vendredi 11 décembre 2009
par mathieu
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Etude des métallurgies anciennes au Niger

Niamey, 02.11.2000
Consultation du Fond Niger, avec l’aide de Pierre.

Vernet

« Sud-Ouest du Niger », M.R. Vernet, 1996
Région localisée entre 12° et 16° de latitude Nord.

Chapitre XIV
p.293 : Le Néolithique au Sud du fleuve Niger.
p.314 : La métallurgie du fer
Sources : les prospection du programme archéologique ainsi que des géologues du projet minier du Liptako (Projet Plan Minéral ; coopération française, direction des Recherches Géologiques et Minières : Ministère des Mines et de l’Energie, Niamey).
Données : 700 installations de fabrication du fer recensées. Une douzaine de datations révèlent des plages d’utilisation allant de 2600 BP à nos jours (fin XXème). Une activité importante quantitativement.
Volonté de Vernet d’ouvrir un vaste projet d’étude de la production et de la consommation de fer dans la région depuis la fin du Néolithique.
Il évoque le site D.06.01, de Tin Farad daté à 1280 BP où ont été recueillies un fragment de tuyère et des scories. Pas de four en place. Voir cartes IGN 2694 et 2662, ND 31 Niamey au 1/1.000.000

Recherche à l’IRSH, Institut de Recherche en Sciences humaines.

Néolithique

Mémoire de maitrise d’histoire option archéologie, Université de Niamey :
Mahamadou Kelessi, dir. M.R. Vernet, années 1986-87 « Etat actuel des recherches sur le néolithique dans l’Aïr... » Chapitre VII Les bases de la vie des Néolithiques p.111
C. Néolithiques et Métallurgies p.115
Présomption d’un travail du cuivre ancien dans des fours de potiers néolithiques.
Existence d’échanges entre populations Néolithiques et « leurs voisins fondeurs »p.117 Cuivre contre outils lithiques et poteries. Parle de séparation un peu brutale entre les deux populations.
Le cuivre est l’objet d’une activité épisodique visible dans une production de faible quantité.
C’est la question de la cohabitation de populations aux niveaux techniques différents (individus ou bien groupes ?).

Fer ? Contemporanéité des deux « civilisations » p.118

Echard

Mémoire de la société des africanistes n°9 : 209-224, 1983.
Nicole Echard, « Scories et symboles. Remarques sur la métallurgie Haussa du fer au Niger ».

Observation de réduction (des oxydes de fer) chez les Haussa de l’Ader (1965 et 1967). Sous la direction de Boubé Mainassara (« Maitre du Fer ») décédé en 1968 (dernier forgeron).
1965 3 bas-foyers
1967 2 bas-foyers (parle d’une quarantaine, sur une opération de réduction, dans l’ancien temps).

2 centres récents (les derniers) de réduction : Boubé Mainassara et un autre au « Sud du pays Mawari sur la frontière nigériane (cf Pucheu) » en fonction jusque dans les années 70 (!).
Le forgeron est un professionnel mobile. Il occupe une place à part dans la société, un contact distant avec cette dernière. L’auteur parle de « non participation au système des alliances et à l’organisation religieuse » p.213.

p. 214 : « La réduction du minerai de fer était pratiquée chaque année pendant la saison sèche (entre février et avril) par des groupes de coopération préparant le combustible, extrayant le minerai, et installant le « campement » ou « hameau », zango, pour fabriquer le fer sous la conduite d’un sarkin zangon tama [1] « chef de campement du fer ».
Ce dernier dirigeait l’ensemble des opérations techniques et accomplissait la plus grande partie du travail rituel et symbolique » ;

1906 Frontière / pays Haussa
Atelier collectif (Zango) proche de la zone d’extraction (puits) en libre accès. Travail gratuit et communauté de « coopération ».
Localisation sur le pourtour du lac Kalmalo.
Les forgerons venaient de l’Ader, du Koni et du Kurfey (avant 1900, tradition orale).

L’auteur ne cite jamais ses sources (Damned !)

Technique et installation (four) de réduction directe
Parle de four à sept (7) tuyères (?)
Après la réduction la cheminée était brisée et ses débris enfouis dans le sol.
Le tirage était soit naturel (Ader et Koni) soit forcé (Maradi).
Elle décompte de vingt (20) à trente (30) jours pour un campement.

Détaille l’organisation spatiale du campement ainsi que le temps du « rituel » (le processus de réduction).
18h chauffage ou cuisson du four
19h30-20h 1er chargement en minerais (sur lits successifs de charbon)
22h 2ème chargement de cinq (5) corbeilles de minerai concassé sur lits successifs de charbon.
3h douleurs de l’enfantement (Suya=frire ou Nakuda=enfantement)
3h30-4h ouverture de fentes à la base des tuyères, constat de la liquéfaction des scories.
5h-5h30 ouverture par destruction de la cheminée.

Grebenart

« Les métallurgies du Cuivre et du Fer autour d’Agadez. Des origines au début de la période médiévale ». Daniel Grebenart. Métallurgie Africaine, mémoire S.A.9 : 109-125, 1983.

Chronologie
Cuivre I : Période d’exploitation du cuivre natif, parallèlement au paléolithique saharien (2000 à 800 B.C.)
Cuivre II : Période d’enrichissement du métal à partir de minerais impurs. (800 BC à 0)
Fer I 500 BC
Fer II 1er millénaire, petites quantités (?)
Cf Termit, étudier par Quéchon et Roset en 1974.

Source pour tradition Orale :

Centre Régional de documentation pour la tradition orale, Niamey, Niger.
« La tradition orale, problématique et méthodologie des sources de l’histoire africaine » èd. Diouldé Laya, 1972
Voir l’ancien Institut de recherches appliquées du Dahomey – Porto Novo pour la collecte des traditions orales.

Photographies

Reste d’activité de réduction directe : Lieu-dit proche du village de Maïga : Tondim – mé – kwareye : La colline aux flancs blancs (Songhay).

Collecte orale : 03.11.2000

Namaro Forgeron : Bosu, venu lors de la création du village au 17ème siècle. Un « vieux », ami du forgeron (ayant visiblement participé lui-même à une opération de réduction (?)

04.11.2000
Namaro
Matin : enregistrement de la cassette (face A)
Après-midi : prospection pédestre à 1 ou 2 km au Sud de Namaro :
vestiges de réduction directe (scories, parois de terre cuite rubéfiées, scoriacées, débris de tuyères). Zone étendue sur plusieurs dizaines de mètres carrées en bas d’une petite colline située à quelques centaines de mètres de la piste).
Soir : baignade dans le fleuve Niger non loin d’un gros hippopotame ;o)


[1] où Tama signifie fer sous sa forme de minerai



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